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L'accès au crédit peut s'avérer complexe pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Heureusement, le dispositif AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) apporte une réponse concrète à ce défi, en adaptant les conditions d’assurance emprunteur. Découvrez comment ce mécanisme spécifique ouvre de nouvelles perspectives et dynamise l’inclusion financière, offrant des solutions adaptées à des profils longtemps marginalisés par les pratiques traditionnelles.
Comprendre le dispositif AERAS et ses objectifs
Le dispositif AERAS, acronyme de S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé, constitue un mécanisme réglementaire mis en place afin de favoriser l’accès au crédit pour les personnes présentant un risque médical élevé. Issu d’une convention signée entre l’État, les fédérations bancaires, les compagnies d’assurance et les associations de patients, ce dispositif répond à la nécessité de garantir une équité lors de la souscription à une assurance emprunteur. L’émergence de la convention AERAS découle d’une volonté d’adapter les pratiques du secteur financier aux exigences de non-discrimination et de solidarité, dans un contexte où certaines pathologies ou antécédents médicaux rendaient l’accès au prêt extrêmement difficile voire impossible. Les évolutions législatives ont ainsi encadré le processus d’évaluation du risque médical, afin de permettre un traitement confidentiel, objectif et graduel des dossiers.
La convention AERAS s’adresse essentiellement aux personnes dont l’état de santé complique l’obtention d’une assurance lors d’une demande de crédit immobilier, professionnel ou à la consommation. Le principe repose sur un parcours en trois niveaux où l’assureur évalue le risque médical, et, en cas de refus au premier palier, transmet automatiquement le dossier à des cellules spécialisées capables de proposer des solutions adaptées. Ce dispositif prévoit également des mesures spécifiques telles que le droit à l’oubli ainsi qu’une grille de référence recensant certaines maladies et les conditions pour bénéficier d’une couverture, tout en imposant des limites claires en matière de surprime ou d’exclusion de garantie. En offrant ce cadre sécurisé, la convention AERAS permet à de nombreux candidats au crédit de concrétiser leurs projets, en facilitant un accès plus équitable aux financements nécessaires malgré un risque aggravé de santé.
Le parcours d’adhésion à l’assurance emprunteur AERAS
Le dispositif AERAS accompagne les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé, de l’expression du besoin de crédit jusqu’à l’obtention d’une assurance adaptée. Dès le début, l’emprunteur exprime sa volonté de souscrire une assurance emprunteur lors de la constitution de son dossier de prêt. Il complète alors un questionnaire médical approfondi, étape incontournable qui permet à l’assureur d’évaluer précisément son état de santé. Lorsque le risque apparaît supérieur à la moyenne, l’assureur procède à une analyse détaillée du dossier, cherchant à concilier protection de l’emprunteur et gestion du risque. À ce stade, la transparence et l’exhaustivité des informations fournies sont déterminantes pour la suite du processus.
Si l’assureur ne peut accorder l’assurance aux conditions standards, le dossier est transmis à un second niveau d’examen, où une commission médicale spécifique intervient. Cette instance, composée de médecins-experts, réévalue l’éligibilité en tenant compte des données médicales les plus récentes et des protocoles actualisés. Lorsqu’un risque aggravé subsiste, mais qu’il n’empêche pas totalement l’assurabilité, le dossier atteint un troisième niveau où interviennent des spécialistes capables de proposer des garanties adaptées, voire des solutions personnalisées. Chaque étape est encadrée par des délais de traitement stricts, limitant l’attente pour l’emprunteur et garantissant une réponse rapide et argumentée.
Tout au long du parcours, le mécanisme AERAS veille à ce que l’exclusion d’assurance ne soit envisagée qu’en dernier recours, après épuisement de toutes les alternatives. L’accès à la convention AERAS ouvre la porte à des aménagements comme la limitation des surprimes ou la suppression de certaines exclusions, favorisant ainsi la solvabilité des personnes concernées. Pour naviguer avec efficacité dans ces démarches complexes, solliciter l’accompagnement d’un spécialiste tel que Corefi, reconnu pour son expertise de courtage en assurances, constitue une ressource précieuse afin d’optimiser chaque étape du processus et maximiser les chances de réussite du projet de financement.
Spécificités des garanties et limitation des exclusions
La convention AERAS modifie en profondeur l’accès aux garanties de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un profil médical dit à risque. Traditionnellement, les contrats standards imposent une exclusion de garantie pour certaines pathologies ou situations jugées trop risquées par les assureurs. Grâce à AERAS, des adaptations sont prévues afin de permettre à davantage d’emprunteurs de bénéficier d’une garantie décès ou d’une garantie invalidité, parfois même après un refus initial. Ces aménagements se traduisent par une analyse personnalisée du dossier médical, une évaluation fine de la capacité à couvrir le risque et une proposition de garanties adaptées plutôt qu’un refus systématique.
Plusieurs types de garanties sont concernés, parmi lesquelles la garantie décès, qui assure le remboursement du capital restant dû en cas de disparition de l’emprunteur, et la garantie invalidité, qui intervient en cas d’incapacité définitive à exercer une activité professionnelle. Pour les profils à risque, AERAS encourage l’octroi d’une couverture même lorsqu’un refus aurait été prononcé dans le cadre d’un contrat classique. Ainsi, un emprunteur atteint d’une maladie chronique peut se voir proposer une garantie partielle, couvrant uniquement la garantie décès, ou une garantie invalidité adaptée, sous réserve de certaines conditions.
Habituellement, les exclusions de garantie concernent des affections graves comme certains cancers, le VIH ou les pathologies cardiovasculaires. AERAS encadre ces exclusions en obligeant les compagnies à motiver chaque décision et à limiter la portée des exclusions. Par exemple, une exclusion de garantie ciblée pourra s’appliquer uniquement à des conséquences directes de la pathologie déclarée, laissant la possibilité de couvrir d’autres risques. Ce mécanisme permet d’éviter de priver totalement l’emprunteur d’une protection, tout en respectant l’équilibre financier de l’assureur.
Le traitement des surprimes constitue un autre levier d’accès au crédit. AERAS encadre strictement le montant des surprimes pouvant être appliquées, notamment en instaurant un plafond d’emprunt pour lequel ces surprimes sont plafonnées. Ce système vise à prévenir l’exclusion financière liée à des cotisations prohibitivement élevées. Lorsque la couverture totale s’avère impossible, une couverture partielle peut être mise en place, avec une répartition du risque entre l’assureur et l’emprunteur ou, dans certains cas, une intervention des pouvoirs publics pour garantir le crédit au-delà d’un certain plafond d’emprunt. Ces dispositifs s’accompagnent de conseils personnalisés dispensés par les professionnels du secteur pour guider les emprunteurs vers la solution la plus adaptée à leur situation.
L’effacement du droit à l’oubli et ses impacts
Le droit à l’oubli, introduit par la convention AERAS, constitue une mesure phare pour les personnes ayant surmonté certaines maladies graves, telles que certains cancers ou l’hépatite C. Ce dispositif permet à un ancien malade de ne pas mentionner ses antécédents médicaux lors de la déclaration médicale exigée pour souscrire une assurance emprunteur, à condition qu’un délai légal – appelé période de référence – soit respecté depuis la fin du protocole thérapeutique. Par exemple, pour la majorité des cancers, ce délai est de dix ans, réduit à cinq ans si le diagnostic a été posé avant l’âge de vingt et un ans et qu’aucune rechute n’a été constatée. Ce mécanisme vise à exclure la prise en compte de certaines pathologies dans le calcul du risque, à partir du moment où le parcours de soin est stabilisé, ouvrant ainsi l’accès au crédit sans surprime ni exclusion de garantie liée à la maladie concernée.
Les impacts de ce droit sont particulièrement concrets pour les candidats à l’emprunt immobilier ou professionnel ayant un passé médical lourd. Les assureurs sont légalement tenus de ne pas solliciter d’informations portant sur les affections concernées par le droit à l’oubli et doivent traiter les dossiers sur la base de l’équité, bannissant toute discrimination basée sur les antécédents médicaux effacés par le délai légal. Ce cadre impose une vigilance accrue lors de la sélection des risques : le demandeur doit être attentif à bien remplir sa déclaration médicale en omettant, lorsque le délai est échu, les pathologies éligibles, ce qui réduit significativement les obstacles à l’accès au crédit. La convention AERAS continue d’évoluer pour intégrer de nouvelles pathologies et raccourcir la période de référence, témoignant d’une volonté constante d’équilibrer solidarité mutuelle et gestion responsable du risque.
Un levier d’inclusion financière reconnu
L’assurance emprunteur AERAS agit comme une véritable passerelle vers l’accès au crédit pour des personnes auparavant désavantagées, notamment celles présentant un risque aggravé de santé. Ce dispositif autorise, sous certaines conditions, l’obtention d’un emprunt immobilier ou professionnel malgré des antécédents médicaux complexes, là où l’assurance classique aurait pu refuser la couverture. En généralisant une analyse individualisée du risque, AERAS prend en compte la situation de chaque individu plutôt que d’appliquer des critères uniformes, contribuant à une forme d’égalité de traitement entre les emprunteurs.
La diversité des profils accédant au crédit s’en trouve nettement enrichie : les personnes touchées par la maladie, le handicap ou un accident de la vie parviennent à concrétiser leurs projets immobiliers ou professionnels. L’impact se mesure aussi dans la promotion de l’égalité des chances, offrant à chacun la possibilité de construire son patrimoine ou d’investir dans sa carrière, indépendamment d’un état de santé passé ou présent. Le principe du droit à l’oubli, intégré au dispositif, illustre cette volonté de garantir que le parcours médical ne constitue plus un obstacle définitif.
Les établissements prêteurs voient leur responsabilité sociale renforcée par l’AERAS. Outre l’obligation de proposer une solution d’assurance adaptée, ils sont incités à revoir leurs pratiques afin de ne pas exclure certains clients a priori. Cette évolution contribue à redéfinir les critères d’acceptation du crédit, ouvrant la porte à une gestion du risque plus nuancée et à une meilleure prise en compte des parcours de vie atypiques. Pour l’emprunteur, cela se traduit par une expérience plus humaine et équilibrée dans la demande de financement.
Favoriser l’accès au crédit via l’assurance emprunteur AERAS participe activement à la réduction des inégalités économiques et sociales. Les exemples d’emprunteurs ayant pu financer l’achat d’un logement, la création d’une entreprise ou la reprise d’études démontrent la portée concrète de cette démarche. Ce mécanisme incite l’ensemble du secteur bancaire à adopter une vision plus inclusive, où la responsabilité sociale prend une place centrale dans la relation avec des clients autrefois exclus, illustrant un progrès tangible en matière d’inclusion financière.
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